Parler, échanger, cela semble simple, mais on ne se rend pas toujours compte de l’effet que l’on fait, de l’émotion que l’on partage ou que l’on provoque chez la personne à qui l’on s’adresse.

Car, même si l’on partage la même langue, chacun à sa propre façon de s’exprimer, due à ses habitudes familiales, à sa culture, à ses habitudes professionnelles, à ses propres blessures d’enfance, à l’environnement social ou géographique dans lequel il évolue, etc. Mais aussi chacun partage bien plus que des mots, parfois même ses propres maux, sans s’en rendre compte forcément.

Ainsi, même si l’on s’exprime avec cœur, si l’on tâche de bien se faire comprendre, l’on se retrouve parfois dans des situations étonnantes d’incompréhension.

Les besoins humains dans l’interaction

Figure 1 D'après Mehrabian

Figure 1 D’après Mehrabian

Dans son livre « Le fondement culturel de la personnalité » (1945), l’anthropologue Ralph Linton nous parle des besoins de l’individu, de leur rôle dans le comportement humain et de leurs influences lors des interactions. Même s’il est difficile de classer ces besoins, le besoin universel qui semble le plus important est le besoin de réponse affective : « C’est ce besoin de réponse, et spécialement de réponse favorable, qui détermine essentiellement l’homme à se comporter de façon socialement acceptable. On se conforme aux coutumes de sa société autant par désir d’approbation que par crainte du châtiment. »

Viennent ensuite le besoin de sécurité, également universel, et le besoin, moins contraignant de nouveauté. Le premier renvoie bien sûr à nos propres besoins de se protéger de toute agression (chacun de nous a son propre « talon d’Achilles », le second renvoie à l’utilité de l’échange (apprendre, découvrir…), même si souvent partager et repartager répond aussi au besoin de sécurité, justement.

La communication non verbale

Au-delà des attentes personnelles des protagonistes d’un échange verbal, qui bien souvent participent de l’incompréhension si celles-ci ne sont pas claires, pas verbalisées, pas acceptées et/ou pas reconnues, il existe aussi de multiples interférences possibles qui peuvent ajouter à l’incompréhension : c’est le langage non verbal. Bien sûr, il y a le ton employé, qui vient confirmer ce qui est dit, ou bien l’infirmer ; sarcasme, agressivité, mauvaise foi, offensive/défensive, etc… C’est le non verbal le plus facile à reconnaitre. Mais il y a aussi une longue liste d’autres signaux qui en font partie et qui constitue près de 70 % de la communication lors d’une interaction !

D’après Y. Winkin, (La nouvelle communication, Seuil, 1981) qui définit et étudie la communication comme « un processus social permanent », voici la liste de ces signaux : « la parole, le geste, le regard, la mimique, l’espace interindividuel, etc. ». S’ajoutent silences, gestes, postures, expressions faciales, ton de la voix, rythme de l’élocution, vêtements, [maquillage, stigmates, tatouages, piercing]… Qui viennent compléter le message auditif. Ils expriment les émotions, les sentiments, les valeurs, [l’appartenance sociale, l’état sanitaire]. On envoie et on reçoit en permanence des signes non verbaux qui transitent par des expressions du visage, des gestes et postures, le ton de notre voix, l’habillement, la coiffure, le maquillage, l’odeur, les silences, le toucher. »

Tous ces signaux renforcent et crédibilisent le message verbal lorsqu’ils y sont adaptés, mais peuvent aussi décrédibiliser, voire contredire ce qui est formulé verbalement.

L’énergie subtile

Figure 2 http://photosdanielle.blogspot.fr

Figure 2 http://photosdanielle.blogspot.fr

Pour couronner le tout, en plus de cette longue liste, il y a tous les signaux non visuels, que l’on sent de manière intuitive ou instinctive. Même avec une communication verbale et non verbale hyper contrôlée, nous émettons des ondes, une énergie émane de notre corps à travers notre aura (nos corps subtils) qu’il est tout à fait impossible de contrôler !

Bien sûr, tout le monde ne la perçoit pas, et pourtant tout le monde, en y travaillant un peu, en serait capable. C’est un autre sujet

Selon Robert Bruce, « L’aura humaine est à la fois un champ énergétique et le reflet des énergies vitales du corps. Ces énergies font de nous ce que nous sommes, et à leur tour elles sont affectées par notre environnement et notre style de vie. L’aura reflète notre santé, notre caractère, notre activité mentale et notre état émotionnel. Elle montre aussi la maladie – souvent bien longtemps avant le début de symptômes. ». Ainsi, durant une conversation, l’énergie de l’aura bouge et change de couleur sans cesse selon les états émotionnels que nous traversons, les souvenirs uquels renvoie la conversation, la postures dans laquelle nous sommes, etc.

Quelques règles simples à travailler au présent continu

De nombreuses études ont été faites sur le sujet, nous n’allons pas faire une exposition exhaustive, simplement citer quelques règles de bases, certaines concernent le langage à proprement parler, d’autres, comme les accords Toltèques, concernent plus profondément la personne qui parle…

Règles pour un échange verbal de qualité

  1. Si je ne m’aime pas, je ne pourrais pas aimer l’autre ni recevoir l’amour de l’autre
  2. Parler de soi à l’autre et non pas sur l’autre : « J’aime quand tu es en Jupe » plutôt que : « tu devrais mettre une jupe »
  3. Différencier sentiment et relation : « Je peux t’aimer mais notre relation n’est pas bonne »
  4. Etre fidèle avec soi, être authentique : Dire un oui qui dit « oui », dire un non qui dit « non »
  5. Pour bâtir une relation saine la première étape est que chacun sache se définir en exprimant à l’autre sa demande clairement.
  6. Chacun est libre d’accepter ou de refuser la demande de l’autre. Sinon c’est une relation terroriste où l’un a besoin de l’autre pour satisfaire ses besoins = relation parent / enfant.
  7. Toute demande non formulée n’a pas à être satisfaite.
  8. Derrière tout reproche, (accusation) il y a une demande mal formulée.
  9. Ne jamais confondre la personne et sa demande ou son comportement.
  10. Je ne conteste jamais le ressentie de l’autre, je le « confirme » : « J’entends bien que tu es en colère. Je vois bien ta frustration »
  11. Ce n’est pas ce qui m’arrive qui est important, c’est ce que je fais de ce que je ressens : Se responsabiliser, c’est prendre conscience que lorsque je vis un sentiment ou une émotion c’est mol qui le crée (en fonction de mon histoire) c’est donc à mol d’en prendre soin,
  12. Créer les conditions pour que chacun se sente libre et en sécurité de Demander, Refuser, Donner, Recevoir
  13. Veiller à ce que chacun ait ses besoins relationnels suffisamment alimentés :
    1. Besoin de me dire
    2. Besoin d’être entendu
    3. Besoin d’être reconnu
    4. Besoin d’être valorisé
    5. Besoin d’intimité
    6. Besoin d’appartenance
    7. Besoin de créer, d’exercer une influence

Être en accord avec les accords Toltèques1

Que votre parole soit impeccable

Fais de ton mieux...

Fais de ton mieux…

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d’autrui.

Ne réagissez à rien de façon personnelle
Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

Ne faites aucune  supposition
Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

Faites toujours de votre mieux
Votre « mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets.

Soyez sceptique, mais apprenez à écouter
Ne vous croyez pas vous-même, ni personne d’autre. Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez : est-ce vraiment la vérité ? Écoutez l’intention qui sous-tend les mots et vous comprendrez le véritable message.

1  Ces accords sont développés et commentés dans les deux ouvrages ci-dessous :

  • « Les quatre accords toltèques » de Don Miguel Ruiz , Paris, Éditions Jouvence, 1999 (1e édition), 2006 (version de poche).
  • « Le cinquième accord toltèque » de Don Miguel Ruiz et Don José Ruiz,  Paris, Guy Trédaniel éditeur, 2010.

 

Être en accord avec son moi profond

Afin ne pas être en contradiction, durant un échange verbal, avec ces ondes que nous émettons, des règles simples sont à essayer, à pratiquer à chaque instant.

High't Energy, communiquer

High’t Energy, communiquer

Nous l’avons énoncé dans les règles précédentes, être en accord avec son moi profond, c’est essentiel ; on peut l’être parfois, en conscience, instinctivement, mais l’on peut tout aussi bien être en désaccord sans s’en rendre compte. Pour cela et pour chacun, un travail personnel d’introspection s’impose d’abord, mais aussi continuellement pour se connaître soi-même : savoir qui JE suis vraiment. Continuellement car c’est « le chemin » plutôt que le but, et nos relations et échanges avec les autres servent aussi à cela, se connaître, se re-connaître soi-même et les autres.

On ne rencontre jamais quelqu’un par hasard, que ce soit pour un heure, un jour, un mois, un an ou plus. Chaque relation est un instant de « miroir » qui vient refléter un morceau de qui JE suis. Ainsi, un échange, une interaction, vient nous pointer ou nous apprendre quelque chose en rapport avec notre moi profond : pour l’enrichir, pour en prendre conscience, pour réparer, pour découvrir, pour accepter, pour changer, pour prendre conscience… C’est cela le chemin de se re-connaître…

Pour satisfaire notre besoin de nouveauté, s’apprendre et s’accepter soi-même est essentiel, c’est LE Chemin, d’abord pour ne pas revivre les conversations en série, si une conversation arrive et que l’on n’y voit, n’entend ou n’apprend rien, sans doute le sujet se représentera-t-il sous une autre forme, peut être avec d’autres personnes, afin que l’enseignement « positif » nous fasse avancer sur notre chemin personnel.

C’est ainsi que, cheminant, l’on se connait mieux, on s’accepte, on s’aime mieux soi-même, et l’on apprend à reconnaître ses besoins profonds et surtout à y répondre simplement. Savoir dire oui ou non pleinement par exemple, savoir accepter et refuser en conscience aussi. Alors, les ondes que nous émettons reflètent notre bien-être, nous somme en COHERENCE.

Cette cohérence nous apporte des relations apaisées, des interactions de qualité, et rejette tranquillement ce qui ne peut rien nous apporter.

Belles conversations à tous !

Marcelle Godefroid

Vous pouvez diffuser librement ce texte, à condition que ce qui suit soit inclus et que ni le texte ni la présentation ne soient modifiés.

Auteure : Marcelle Godefroid – http://hight-energy.com/2016/10/01/parler-cest-echanger-des-mots-et-des-maux/